Quand les films s'animent pour une idée...
Avec le succès de Persépolis et de Valse avec Bachir, une réelle problématique est soulevée : le film d'animation se politise, s'engage, dénonce.
En abordant des thèmes aussi polémiques que la liberté sous une république islamiste ou encore la guerre vécue de l'intérieur, c’est une évidence que la forme divertissante de ce genre vient flirter avec un fond beaucoup plus sérieux
Bien sûr ce phénomène n’est pas nouveau, et dans les années 1950 l’un des pères fondateurs de l’animation, Norman MacLaren, dénonçait les fléaux engendrés par le règne de l’argent (dans l’excellent Neighbours par exemple).
Aujourd’hui, certains réalisateurs ont même fait de l’engagement leur signature, voire une facture.
Miyazaki par exemple, de Nausicaa en passant par Princesse Mononoké fait de l’écologie le thème majeur de ses œuvres et n’hésite pas à le revendiquer, transformant ses films en apologues. Une excellente exposition est d’ailleurs consacrée à la filiation qui existe entre Grimault, Takahata et Miyazaki. Paul Grimault, c’est une référence incontournable de l’animation qui a traversé le XX ème siècle en affirmant dans ses œuvres une certaine sympathie politique pour le communisme.
L’écologie est cependant le thème majeur du cinéma d’animation : Jacques-Rémi Girerd illustre celui-ci dans la prophétie des Grenouilles ou encore Mia et le Migou et l’on peut également citer l’excellente adaptation du roman de Giono par Frédéric Back : L’homme qui plantait des arbres. Mais les plus grosses productions ne sont pas en reste à l’instar du magnifique Wall-e.
D'ailleurs, le comité de sélection du Festival International du film d'animation d'Annecy souligne la récurrence de cette thématique dans bon nombre des oeuvres présentées pour la compétition 2009.
Parfois, des relents d’actualité planent aussi sur des films comme le Max & Co de Samuel et Frédéric Guillaume : cette usine à tapettes à mouches que des actionnaires peu scrupuleux veulent fermer n’est pas sans rappeler des événements actuels ; toute ressemblance avec des faits ou des personnes ayant existé serait pure…réalité.
En définitive, on peut avancer l’idée que le film d’animation reprend en le dynamisant des formes littéraires traditionnelles comme la fable ou le conte philosophique. Le lion et le rat sont devenus des chats ou des grenouilles et Ari Foldman regarde la guerre un peu comme Candide le fit.
Un renouveau donc qui permet de toucher un public jeune car la conscience politique doit s’acquérir tôt. L’engagement, la volonté de véhiculer un message animent les plus belles réalisations, conférant au genre ses titres de noblesse.
Par Isa, le 06/03/2009 à 15h45

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